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Etat des lieux pluviometrique au 22 juillet 2026 aux antilles françaises
22/07/2026Depuis quelques mois, les Antilles françaises sont sous le joug d'une sécheresse pluviométrique qui s'est bien installée. Malgré le début de la saison des pluies, elle ne semble pas vouloir s'en aller...
Bilan pluviométrique du trimestre avril-mai-juin
En Martinique
En avril, un gros orage provoque 20% d'excédent sur le nord Atlantique, partout ailleurs le manque est déjà compris entre 30 et 60%.
En mai, la norme est atteinte de Colson aux Cadets, partout ailleurs un manque de pluies jusqu’à 50%.
En juin, les déficits se généralisent, les manques sont importants sur toute l’île de 30% au nord à 60% dans le sud.
En Guadeloupe et aux Îles du Nord
En avril, les cumuls mensuels sont normaux à légèrement déficitaires sur le Nord de la Grande-Terre, le Nord-Est de la Basse-Terre et la Désirade. Ailleurs, en Guadeloupe comme aux Îles du Nord, les cumuls sont excédentaires (jusqu'à +100% localement).
En mai, les cumuls sont pratiquement partout déficitaires (dépassant les 50 % de déficit sur presque toute la Grande-Terre, les îles du Sud et du Nord), tandis que le relief de la Basse-Terre est légèrement plus arrosé que la normale.
En juin, les cumuls mensuels sont partout nettement déficitaires au mieux de -20 % sur les contreforts des monts Caraïbes comme à Vieux Fort, -40 à -50 % sur le relief de la Soufrière aux Mamelles ainsi qu’à Marie-Galante, à -75 % sur la Grande-Terre ! C’est tout simplement le 2ème mois de juin le plus sec depuis 1991 sur la Guadeloupe et le 3ème le plus sec depuis 1950 à la station de référence de Les Abymes Le Raizet.
Le trimestre avril-mai-juin 2026 est à classer dans les 20 trimestres AMJ les plus secs des 70 dernières années sur l'ensemble des îles Sous-le-Vent des Petites-Antilles.
Déjà quelques communes du centre et sud de la Martinique, de la Grande-Terre et la Désirade en Guadeloupe et celles des îles du Nord connaissent une sécheresse notable surtout du fait de sa durée, plus que son intensité :
- Cette sécheresse pluviométrique règne localement au sud de la Martinique depuis le début de l'année, comme un carême qui ne veut localement pas se terminer. Cela s'est déjà produit par le passé (par exemple sur la commune du Lamentin en 2019, 2015, 2014, 2003, 2001, 1994 et 1985). 2001 restant l'année la plus sèche et la plus longue pour l'instant et le retour des pluies significatives en Août 2001).
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Le manque d'eau est notable depuis le début du mois de mai, sur la Grande-Terre, la Désirade et le nord de la Basse-terre en Guadeloupe, et aussi aux îles du Nord. Le carême 2026 étant anormalement humide surtout en Guadeloupe, particulièrement en fin mars et avril, la sécheresse pluviométrique s'est installé fin-avril à début-mai selon les îles, mais semble perdurer depuis malgré quelques épisodes pluvieux éphémères.
L'indice de précipitation normalisé (SPI) est un indice largement utilisé pour caractériser la sécheresse météorologique sur diverses échelles de temps. Le SPI permet des comparaisons entre des régions aux climats très différents. Il quantifie les précipitations observées sous forme d'écart normalisé par rapport à une fonction de distribution de probabilité choisie pour modéliser les données brutes de précipitations. Les valeurs du SPI peuvent être interprétées comme le nombre d'écarts-types dont l'anomalie observée s'éloigne de la moyenne à long terme. Le SPI peut être calculé pour des périodes allant de 1 à 36 mois, à partir de données mensuelles. L’indice standardisé de précipitation est recommandé par l’Organisation météorologique mondiale pour qualifier objectivement un état pluviométrique et donc l'occurrence d'une sécheresse.
État des lieux pluviométrique du 1er au 22 juillet
L’ensemble des îles, de la Martinique aux îles du nord, présente sensiblement les mêmes déficits allant de 30 à 80 % souvent avec un dégradé selon le relief de chacune.
La sécheresse pluviométrique se révèle très localement sévère :
- sur le centre de la Martinique de Fort-de-France au Robert et au sud du côté du Diamant.
- sur l’ensemble de la Grande-Terre, la Désirade, le nord de la Basse-Terre et une partie de la côte Sous-le-Vent.
- sur les deux îles du nord surtout au nord de chaque île.
Des pluies, parfois notables, sont prévues en fin de semaine vendredi 24 juillet dans la nuit en Martinique, dimanche 26 à mardi 28 juillet en Guadeloupe et aux Îles du nord. Mais il est peu probable que les déficits déjà importants de ce mois de juillet se voient suffisamment compensés.
Prévision pour le trimestre août-septembre-octobre (ASO)
Rappelons que d’un point de vue climatologique, le trimestre ASO est au cœur de la saison cyclonique. Il est normalement (rapport à la période 1991-2020) synonyme de reconstitution des réserves en eaux des sols et des bassins versants. Quelques périodes bien pluvieuses sont donc probables et attendues.
Toutefois, le trimestre ASO 2026 devrait se révéler dans sa globalité très atypique. (voir l'article sur les effets du Niño ci-dessous) :
– Concernant les pluies, le trimestre à venir devrait être plus sec qu’habituellement.
– La température de l’air pour le prochain trimestre devrait être supérieure aux normales de saison ; favorisant l’évapotranspiration et l’assèchement des sols déjà moins arrosés.