Météo-France
Bulletin technique des prévisions d'activité cyclonique de la saison 2026 (Actualisation de juillet)
21/07/2026
Les prévisions d'activité cyclonique sur le bassin Atlantique, la Mer des Caraïbes et le Golfe du Mexique annoncent un plus petit nombre de phénomènes cycloniques que la normale de 1991-2020 et que la moyenne des 10 dernières années mais avec le risque d'une plus grande proportion de phénomènes cycloniques intenses. Ces prévisions d'activité cyclonique pour 2026 sont assez comparables à ce qui a été observé en 2025 sur l'ensemble du bassin.
Retrouvez le détail des prévisions d'activité cyclonique pour la saison 2026 dans notre article.
Phénomènes de grandes échelles qui influencent l'activité cyclonique
Les prévisions d’activité cyclonique sont pilotées par la connaissance de phénomènes climatiques de grandes échelles géographiques et temporelles (El Niño/La Niña et températures de surface de l’Océan Atlantique en particulier) dont on connaît certaines conséquences et corrélations avec l'activité cyclonique.
Ces phénomènes ont une influence sur des facteurs météorologiques importants pour l’activité cyclonique :
- La température de l'océan superficiel dans les régions habituelles de formation et d’évolution des cyclones.
- L'organisation des vents sur une couche importante de l'atmosphère.
- L’humidité intégrée de la masse d’air et sa capacité à créer des mouvements verticaux.
Oscillation australe (El Niño Southern Oscillation : ENSO)
Entre juillet 2024 et juillet 2026, nous avons connu une succession de phases neutres et de phases La Nina. Depuis février 2026, une élévation de la température de surface de la mer est observée dans la zone Nino 3,4. Depuis juin 2026, nous sommes officiellement en phase El Nino.
Pour les prochains mois, le scénario privilégié par les différents modèles reste une élévation de la température de surface de la mer pour avoir une phase El Nino bien établie. On note néanmoins de légères différences sur l’évolution des SST (températures de surface la mer) entre les deux modèles, en particulier en termes d’amplitude. Pour les prochains mois, le scénario très majoritairement soutenu par l’ensemble des modèles de prévision est une température de surface qui continue d’augmenter. Seules de légères différences sont constatées sur l’amplitude de l’augmentation. C’est le modèle européen (figure 2A) qui propose la plus forte amplitude par rapport au modèle de Météo-France (figure 2B). Malgré ces légères différences, le scénario privilégié par ces deux modèles est une saison cyclonique 2026 en phase El Nino.
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Les prévisions américaines expertisées du CPC/IRI, issues de différents modèles dynamiques et statistiques, indiquent également que le maintien du cycle ENSO en phase El Nino tout au long de la saison cyclonique est le scénario très largement privilégié. Pour la fin d’année 2026, les probabilités d’être en présence d’une phase El Nino sont particulièrement élevées. (figure 3).
Pour toute la saison cyclonique 2026, c’est la phase El Nino du cycle ENSO qui est attendue.
En général, la configuration El Nino s’accompagne, dans le bassin Atlantique, d’une saison moins active que la normale.
Températures de surface de l’Océan Atlantique
Depuis le début de l’année 2026, les températures de surface de l’ensemble de l’Océan Atlantique Nord sont, en moyenne sur l’ensemble du bassin, légèrement plus chaudes que la normale (+0,59°C). C’est sur la partie des latitudes tempérées du bassin et dans le Golfe du Mexique, que les anomalies de températures sont les plus élevées (figures 4A et 4B). Sur l’arc antillais, la température de surface de la mer est globalement dans la moyenne de la période 1993-2016 . Sur la quasi-totalité de la zone de développement majeur (7.5° - 20° nord, 85° - 15° ouest) qui voit se former 60 % des phénomènes cycloniques, la température est actuellement inférieure à la normale (jusqu’à – 0.8°C).
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Pour les mois correspondants au cœur de la saison cyclonique, soit entre août et octobre, le modèle de Météo-France prévoit que les températures de surface du bassin Atlantique Nord vont rester proches ou légèrement supérieures aux moyennes. Sur la bande tropicale entre l’Afrique et les Antilles, les anomalies prévues par le modèle de Météo-France vont jusqu’à + 0.8°C (figures 5 et 5B).
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En général ce type de configuration des températures de surface de l'Océan Atlantique favorise la formation de cyclone et en particulier leur intensification.
Les prévisions d’activité cyclonique des différents centres internationaux
Le modèle de prévision saisonnière du Centre Européen (ECMWF) du mois de mai (figure 6) prévoit une activité cyclonique inférieure à la moyenne 1993-2025 sur l'Atlantique tropical. L’ECMWF s’inscrit dans la tendance générale annoncée par divers centres internationaux (figure 7).
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En moyennant les prévisions disponibles des différents centres annoncent un nombre total de cyclones nommés entre 8 et 14, dont 3 à 7 ouragans, 1 à 3 d’entre eux pouvant être des ouragans majeurs. Ces valeurs sont inférieures aux normales, calculées sur la période 1991-2020, et très en-dessous des moyennes des 10 dernières années. Il faut noter cependant que les incertitudes associées à ce type de prévisions (représentées par les fourchettes sur le nombre d’évènements) sont significatives.
On retiendra comme scénario le plus probable une saison 2026 moins active que la normale.
Conclusions
La configuration ENSO de l’Océan Pacifique et les températures de surface de l’Océan Atlantique sont les principaux contributeurs à l’activité cyclonique sur le bassin Atlantique.
Les prévisions d’évolution de ces contributeurs au cours de la saison cyclonique 2026 ont des effets contraires sur la cyclogénèse. D’une part, la probable configuration du cycle ENSO en phase El Nino a tendance à réduire l’activité cyclonique. D’autre part, des températures élevées de surface de l’océan sont par nature favorables au développement et renforcement des cyclones.
Ces différents éléments d’analyse et de prévision dont nous disposons tendent à promouvoir :
• une saison cyclonique 2026 avec un peu plus petit nombre de phénomènes cyclonique par rapport à la normale des 30 dernières années, ainsi qu’à la moyenne des 10 dernières années (en lien avec la bascule vers la phase El Nino).
• Une plus grande proportion de phénomènes cycloniques intenses pour un même nombre de phénomènes cyclonique (en lien avec la température plus élevée de la surface de la mer).
La configuration du bassin pour la saison cyclonique 2026 est comparable à celle des années 1997 et 2015.
Ces deux saisons furent peu actives avec seulement 8 phénomènes cycloniques observés sur l’ensemble du bassin en 1997 et 11 phénomènes en 2015. Toutefois, plusieurs phénomènes ont généré des impacts sur les Petites Antilles en passant sur ou à proximité de ces îles :
• En 1997 : la dépression tropicale n°5 en juillet, l’ouragan ERIKA en septembre
• En 2015 : Danny au stade de dépression tropicale en août, la tempête tropicale ERIKA en août également.
En conclusion, le nombre de phénomènes cycloniques prévues pour la saison 2026 sur le bassin Atlantique est assez comparable à l’activité cyclonique observée au cours de la saison 2025 (nombre de phénomènes cycloniques observés significativement plus faible que la normale et la moyenne des 10 dernières années). En 2025, 13 phénomènes cycloniques ont été observés (8 tempêtes tropicales, 5 ouragans dont 4 ouragans majeurs) durant toute la saison et sur tout le bassin Atlantique. Ce qui n’a pas empêché MELISSA, l’un des ouragans majeurs les plus puissants jamais observés sur le bassin, de se former en fin de saison cyclonique et d’impacter très durement la Jamaïque.
Retrouvez la synthèse de ces prévisions dans notre article dédié.
A retenir
Ces prévisions concernent l'activité cyclonique sur l’ensemble du bassin et pour toute la saison cyclonique (soit du 1er juin au 30 novembre) : elles sont basées sur les tendances météorologiques et climatiques à grande échelle. Elles n'indiquent ni où ni quand les tempêtes pourraient toucher un territoire, car cela dépend des conditions météorologiques du jour dans l’environnement d’un phénomène cyclonique. En conséquence, la préparation pour la saison cyclonique et le suivi doivent être identiques quelle que soit l'activité prévue de la saison. Aussi, il faut surtout garder en mémoire qu’un seul cyclone suffit pour impacter fortement un territoire et laisser une trace de saison mémorable !







